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Nous soutenons que les activités de non-travail – les (inter)actions exprimant de l’autotélisme, non ou non directement instrumentales et fonctionnelles durant la journée de travail – sont très importantes dans le quotidien de travail, appréhendé dans l’espace-temps de la journée de travail au bureau. Nous discutons les interprétations « classiques » de ces activités en recherche (‘mainstream’, ‘critiques’, et approches orientées ‘santé/souffrance au travail’), à partir desquelles nous élaborons notre conceptualisation théorique ainsi qu’un design méthodologique spécifique, qualitatif, abductif et constructiviste, combinant journaux de bord et approfondissement dialogique. Nos résultats conduisent à les appréhender en tant que processus dynamiques structurants du quotidien de travail, avant d’en proposer deux articulations : nous étudions leurs liens avec le professionnalisme, dont nous interrogeons une lecture dominante postulant qu’elles y sont opposées ; nous suggérons que ces activités, en leurs qualités de coulisses (Goffman, 1973), révèlent la tension entre professionnalisme prescrit, réel, et souhaité. Nous étudions enfin leur rôle dans la constitution de (non)sens relatifs au travail, et proposons d’articuler les (non)sens produits à deux échelles distinctes : le quotidien de travail ((non)sens au travail), et le travail dans la vie quotidienne ((non)sens du travail), tout en soulevant la possibilité d’un sens nul. Nous contribuons à théoriser de manière opératoire ces activités et le travail (en les distinguant notamment du hors travail et de l’anti-travail) et à réinterroger le quotidien de travail, ses conditions et son sens, à de multiples niveaux.