- Item type
- Dissertation/ Thesis
- Publication date
- 01/01/2017
L'école, espace de conflictualités multiples, est un lieu cardinal de la citoyenneté où se composent et se recomposent les rapports de domination. Cette thèse explore la microphysique du pouvoir à l'œuvre dans le champ scolaire pour en repérer les mécanismes. Elle s'inscrit dans le domaine de la sociologie des inégalités à l'école ainsi que dans le champ des études féministes, à partir du constat d'une faible production d'études qui permettent d'envisager la dynamique et l'imbrication des rapports sociaux dans l'éducation. La recherche ethnographique, conduite dans quatre établissements scolaires en France et au Québec, permet d'identifier les « mécanismes menus » par lesquels se co-construisent les rapports sociaux de sexe, de classe et de race en mobilisant les outils de l'interactionnisme. Le rapport pédagogique adossé au rapport d'âge, est susceptible à la fois d'amplifier ou transformer la dynamique de ces rapports selon des situations qu'il est toujours nécessaire de contextualiser pour en saisir les variations. La perspective comparative entre les pays, mais aussi entre les établissements scolaires offre cette opportunité. Ainsi au collège Diderot, l'accent est porté sur les mécanismes de construction du genre, en particulier des masculinités, à partir de 1'étude de la circulation du pouvoir à différents niveaux d'analyse. Les processus de division, de ségrégation et de hiérarchisation des groupes sociaux présents dans l'espace scolaire sont matérialisés selon des logiques propres à l'ordre scolaire qui, ce faisant, les naturalisent. Au contrôle du savoir/pouvoir par l'École, s'adjoint le processus de socialisation des adolescent.e.s, dont quelques fêtes dans les écoles québécoises donnent à voir la ritualisation de l'hétéronormativité. Il est question aussi du maintien de l'ordre sexué, un instant menacé, lors de la polémique sur les ABCD de l'égalité qui se déroule sur la scène de l'école des Tilleuls en France. A cette occasion apparaît le déficit démocratique de l'institution scolaire mais aussi l'émergence de contres-espaces publics permettant d'entrevoir le potentiel émancipateur de l'Ecole. L'apprentissage du conflit dialogique comme condition de la démocratie, couplée à la prise en compte de l'affectivité et des émotions dans la relation éducative participent aux modalités d'une pédagogie émancipatrice dont la conceptualisation est réalisée sur la base de savoirs empiriques acquis en formation des enseignant.e.s.___________________________________________________________________________MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : École-Rapports sociaux-Intersectionnalité-Féminisme-Interactionnisme