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Analyse du scandale Evergrande, considéré comme l’un des plus importants cas de fraude comptable de l’histoire récente, à travers l’étude des mécanismes ayant permis la manipulation des états financiers du groupe immobilier chinois et des défaillances des dispositifs de contrôle censés l’empêcher. L’objectif est de comprendre comment une entreprise aussi surveillée a pu dissimuler pendant plusieurs années une situation financière extrêmement dégradée, jusqu’à son effondrement en 2021.
L’étude retrace l’ascension fulgurante d’Evergrande, fondée sur une croissance financée par un recours massif à l’endettement et à la prévente immobilière, avant de détailler les techniques comptables utilisées pour surestimer artificiellement le chiffre d’affaires et les bénéfices. Elle montre notamment comment le groupe a reconnu prématurément des revenus, masquant ainsi l’ampleur de sa dette et maintenant artificiellement la confiance des investisseurs et des marchés.
À partir des théories de la fraude financière, le mémoire analyse les motivations de la direction, les faiblesses de gouvernance, les signaux organisationnels et financiers précurseurs ainsi que les mécanismes de rationalisation ayant favorisé la fraude. L’étude met en évidence plusieurs indicateurs d’alerte : concentration du pouvoir, fonctionnement insuffisant du comité d’audit, endettement excessif, croissance anormale des revenus et dépendance accrue aux financements externes.
Enfin, le mémoire interroge le rôle de l’auditeur PwC et des autorités de régulation chinoises et hongkongaises. Il souligne les limites structurelles de l’audit financier face aux fraudes complexes, mais également les risques liés à la dépendance économique entre auditeur et client. Le cas Evergrande apparaît ainsi comme une illustration des failles possibles du système de contrôle financier et des défis auxquels sont confrontés les auditeurs dans la détection des manipulations comptables de grande ampleur.